Un ancien commandant de Guantanamo dans le viseur de la justice française

La justice française a ordonné jeudi l’audition de l’ex-commandant américain de Guantanamo, le général Geoffrey Miller, à la demande de deux anciens détenus français. L’un d’eux, Mourad Benchellali, confie à France 24 sa satisfaction. C’est une victoire pour Mourad Benchellali. Voilà plusieurs années que cet ancien détenu français de Guantanamo demandait à la justice d’auditionner Geoffrey Miller, l’ancien commandant de la prison américaine, afin que ce dernier réponde des sévices et actes de tortures pratiqués à Guantanamo. C’est désormais chose faite : jeudi 2 avril, la cour d’appel de Paris a suivi sa requête et ordonné l’audition de l’ex-général, qui dirigea le centre de détention de novembre 2002 à avril 2004. >> À lire sur France 24 : “Témoignage de Guantanamo : ‘Je peux pas… res… p… i… rer !'” “Le général Geoffrey Miller est identifié dans toutes les enquêtes internationales et américaines, comme étant au cœur du dispositif de politique de torture qui était pratiquée [à Guantanamo]”, avait estimé il y a quelques semaines Me William Bourdon, l’avocat de Mourad Benchellali. “Il n’est pas pensable que des explications ne lui soient pas demandées. S’il refuse de venir, il faudra en tirer les conséquences.” “Je veux que les responsables rendent des comptes” Force est de penser, pourtant, qu’il ne viendra pas. “Je suis pessimiste quant à sa venue”, a estimé l’ancien détenu français de 33 ans, “la justice américaine n’a jamais vraiment collaboré sur ces dossiers… Chaque juge qui a voulu enquêter à Guantanamo s’est vu refuser son accès”, ajoute-t-il. Mourad Benchellali n’est pas le seul à l’origine de cette procédure judiciaire. Un autre Français, Nizar Sassi, s’est joint à ce combat. Tous deux avaient été arrêtés par les forces américaines en Afghanistan avant d’être transférés vers la base américaine sur l’île de Cuba. Sassi a été détenu de fin 2001 à 2004 et Benchellali de janvier 2002 à juillet 2004. >> À lire sur France 24 : “Rapport de la CIA : une arme judiciaire pour les ex-détenus de Guantanamo ?” “J’ai été maltraité, je voudrais que les responsables rendent des comptes. Je demande réparation”, a expliqué Mourad Benchellali à France 24. L’ancien détenu n’a jamais vu Geoffrey Miller dans une salle d’interrogatoire. “Il n’allait jamais là-bas, mais je l’ai vu passer dans les blocs. Il savait [ce qui se passait], c’est certain.” La prison de Guantanamo fermera-t-elle ? Malgré la promesse, lors de son élection en 2008, du président Barack Obama de fermer le camp, force est de constater que 122 détenus sont toujours incarcérés dans les geôles de la prison américaine – pour certains sans inculpation ni procès. Quelque 56 d’entre eux sont considérés comme libérables. Le Congrès à majorité républicaine s’oppose à sa fermeture. Même si l’ancien commandant ne répond pas à l’injonction de la justice française, cette demande d’audition est une “bonne nouvelle”, estime l’ancien prisonnier. “Symboliquement surtout. C’est très fort. C’est une porte ouverte vers des poursuites contre d’autres responsables”, explique Mourad Benchellali. “La France est le dernier pays européen à essayer de faire aboutir des démarches pénales concernant Guantanamo.” “Sanctionner Miller” Le Pentagone a refusé de commenter cette demande d’audition, se contentant de rappeler que différents rapports existent déjà sur les présumés mauvais traitements subis dans cette prison. Le ministère de la Défense américain “ne commente pas les procédures internationales en cours”, a déclaré le lieutenant-colonel Myles Caggins, un des porte-parole du Pentagone. >> À voir sur France 24 : “États-Unis : la CIA sous le feu des critiques” “Les accusations de mauvais traitements sur les prisonniers, spécifiquement les techniques d’interrogations, ont fait l’objet d’investigations du gouvernement, dont les principales conclusions ont été publiées dans le rapport Church” en 2005, a ajouté le porte-parole. Ce rapport Church avait conclu à huit cas de mauvais traitements à Guantanamo qualifiés de “relativement mineurs en terme de violence physique”. Un autre rapport, baptisé Schmidt, et publié lui aussi en 2005, avait recommandé de sanctionner le général Geoffrey Miller pour avoir “échoué à surveiller et fixer des limites sur l’application des techniques (d’interrogatoires) autorisées” à Guantanamo.

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